Revue 135

RÉSUMÉS du N° 135

Brigitte Benkemoun
Albert Achache : Une légende familiale. De Tlemcen à Auschwitz

La grand-mère de l’auteure lui racontait, enfant, que l’oncle Albert avait quitté l’Algérie avant-guerre. Elle disait qu’il avait fait fortune à Nice, puis dénoncé par son associé, un certain monsieur Roux, qu’il était mort à Auschwitz. C’est devant le mur des noms du Mémorial de la Shoah que Brigitte Benkemoun a compris que l’histoire d’Albert Achache était plus complexe que la légende familiale.

Gilles Boulu
Nouvelles sources pour la généalogie des Juifs de Tunisie : exemple de la famille « Mendes Ossuna » ou « Ossona »

L’auteur décrit les nouvelles sources disponibles, qui permettent, en particulier dans le cas des Juifs livournais de Tunis, de franchir l’obstacle du 18e siècle et de remonter à la période de leur installation à Livourne puis Tunis aux 17e et 18e siècles. Ce sont notamment les archives du consulat de France à Tunis et les archives de la communauté juive de Livourne. Gilles Boulu illustre son propos en prenant l’exemple de la famille Mendes Ossuna ou Ossona pour remonter du 20e siècle à la période marranique.

David Encaoua
Des passeurs de pensée juive, d’origine hispanomaghrébine : la lignée Encaoua

L’article retrace l’itinéraire historique et intellectuel du 14e au 20e siècle de quatre membres illustres de la lignée Encaoua. La ville d’origine de la lignée est Tolède en Espagne, où le premier, Israël Al Naqua, périt brûlé vif sur le bûcher. Son fils Ephraïm Al-Naqua, le Rab de Tlemcen, s’exila en Algérie. La vie et les écrits du troisième de ces descendants au 19e siècle, Abraham Ankawa, témoignent de l’exigence de transmission des traditions juives castillanes. Le quatrième, Raphael Encaoua, fut président du Haut Tribunal rabbinique du Maroc.

Jean-Paul Durand
Abraham Amar, le soldat de la photo du séjour

La famille de Mathilde s’est toujours heurtée à son silence. Bouleversée par la mort brutale de son époux, survenue loin de son Alger natal aux premiers mois de la Grande guerre, elle était devenue incapable de parler de lui. Mais elle avait précieusement conservé une photo dont la récente découverte permet à l’auteur d’évoquer une partie de la vie d’Abraham Amar, jusque là inconnue de ses descendants.

Alexander Beider
Les origines (pseudo-)berbères des Juifs du Maghreb

L’article aborde la thèse de l’existence de « Judéo-berbères », fondée principalement sur des arguments onomastiques selon lesquels les Juifs qui vivaient au Maghreb au cours des derniers siècles descendaient en partie de prosélytes berbères. En réalité, l’origine berbère n’est valable que pour un prénom et plusieurs dizaines de noms de famille juifs du Maroc, ainsi que quelques noms de famille dans l’est de l’Algérie. Ces noms sont apparus dans les communautés juives qui utilisaient un idiome berbère comme langue vernaculaire. Rien n’indique qu’ils existaient déjà au Moyen Âge. Tous les arguments onomastiques suggérés par les partisans de cette thèse sont indéfendables. Du point de vue historique, la théorie est purement spéculative.

Pierre-André Meyer
Les deux Roger : in Memoriam 1914-1918

Évocation des vies parallèles de deux des derniers « Poilus » de la guerre de 1914-1918, Roger Cahen et Roger Weill, avec leurs généalogies. Nés tous deux en 1896, ils ont vécu chacun sur trois siècles, étant morts respectivement en 2003 et 2006. Un hommage rendu à l’occasion du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918.

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